... ... Ce blog permet de mieux faire connaître certains livres anciens rares et curieux et de partager les commentaires sur ces livres précieux ... ...

ORIGENE. Traité contre Celse, 1700 - L'exemplaire de Blanc de Saint-Bonnet

L'exemplaire de A. Blanc de Saint-Bonnet
aux petites armes du Dauphin
ORIGENE. Traité contre Celse, ou défense de la religion chrétienne contre les accusations des Païens. Amsterdam, chez Henry Desbordes, 1700, in 4°, de 9ff. et un front. gravé de Romeyn de Hooghe & 480pp., pl. veau brun époque, dos orné, frappé en queue aux petites armes du Dauphin. Exemplaire du philosophe A. Blanc de Saint-Bonnet avec une longue note de sa main en tête " Acheté à Paris en mars 1836 au prix de 3 tt. Adol. Blanc - St. Bonnet ... Cet ouvrage passe pour le meilleur d'Origène etc...". Il avait alors 21 ans et était étudiant en droit à Paris où il séjourna jusqu'en 1839, et fréquenta Edgar Quinet et Pierre-Simon Ballanche. Il publia son ouvrage en 3 volumes "De l'Unité spirituelle ou de la société et de son but au-delà du temps" en 1841, à l'âge de 26 ans. Très intéressante provenance.

Première traduction française du célèbre traité d'Origène. Il est considéré comme le père de l'exégèse biblique dans une œuvre exégétique gigantesque, par son étendue, mais aussi par l’ampleur de son information et l’élan spirituel qui l’anime. Sa  doctrine mystique se rapproche de celle des Gnostiques. Le «Contre Celse», composé en 248, est la dernière des œuvres d'Origène. Il nous livre l'ultime expression de sa pensée et comme son testament. En réfutant le «Discours véritable» de Celse, Origène propose en réalité une apologie monumentale du christianisme, qui garde encore aujourd'hui toute sa valeur et sa force. ¶  Caillet n°8209 " Ouvrage rare  et des plus curieux. On y trouve une doctrine prodigieuse touchant les diverses sectes de gnostiques et plus d'intelligence de l'ésotérisme que l'on a coutume d'en voir chez les autres Pères" (S. de Guaita) - cat. S. de Guaita n°1934-  Quérard Fr. litt. VI. 499.
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ASTRUC (Dr. Jean). Manuscrit intitulé: Maladies des enfans, par Mr. Astruc médecin (vers 1750)

Un cours de pédiatrie inédit de Jean Astruc (1750)
ASTRUC (Dr. Jean). Manuscrit intitulé: Maladies des enfans, par Mr. Astruc médecin consultant du Roy. S.l., (vers 1750), in 12, de 184pp. d'une belle écriture manuscrite avec une table in fine, pl. veau marbré époque, dos orné, bel exemplaire.  

Très intéressant manuscrit inédit du cours de pédiatrie du médecin Jean Astruc (1684-1766), professeur au Collège Royal, doyen de la faculté de médecine de Paris et médecin de Louis XV. Ce manuscrit, non daté (mais vers 1750), est signé R. Poyneau (?). C'est un exposé clair, Astruc traitant successivement, pour chaque affection, des symptômes, des causes, du diagnostic, du pronostic, du traitement. Des chapitres sont consacrés aux soins à apporter au nouveau-né, au sevrage, aux croutes de lait, à la teigne, à la maladie pédiculaire, au feu volage, à la suppuration, aux maladies de la bouche, à la dentition, à l’hydrocéphalie, à la coqueluche, aux hernies, aux écrouelles, au rachitis, etc. le tout avec une table des matières. Astruc n’a jamais publié ce cours magistral. Il existe une traduction anglaise d’un cours d’Astruc, intitulée A general and compleat treatise on all the diseases incident to children, publiée à Londres en 1746 ; mais ce traité (“issued from student’s lecture notes”) n’a pas été autorisé par Astruc (édition pirate) et la fidélité de la traduction n’a semble-t-il jamais été vérifiée. ¶ La bibliographie établie par P. Huard et M.J. Imbault-Huart note l’existence de trois manuscrits conservés en France sur les maladies des enfants (à Amiens, à Lille "daté de 1744" et à Troyes). Janet Doe, dans sa bibliographie de Jean Astruc n’a retrouvé sur le continent nord-américain aucun manuscrit sur les maladies des enfants. Quant à la provenance : il pourrait éventuellement s'agir de René Poyneau, chirurgien à Sanxay (Vienne) au XVIIIe siècle, mais en fait plus certainement de la Sage-femme du même nom Mme Poyneau, une des premières reçue devant le Collège de chirurgie et dont le nom figure dans l'Etat de la médecine pour 1777, avec pour date de réception 1749 et comme adresse "rue de l'Observance". Ainsi elle aurait suivi le cours d'Astruc juste avant 1749, ce qui correspond bien à la date du manuscrit. Rappelons que sous l'influence d'Angélique du Coudray (premier professeur pour les sages-femmes) et de François Mauriceau, à partir des années 1750 l'État ordonne que les sages-femmes aient une formation théorique et pratique de 2 ans avec une maîtresse sage-femme, un jury de deux maîtres chirurgiens validant leurs connaissances. ¶ cf. Huard P. Biographies médicales et scient., pp. 7-30 : « Astruc était un professeur né, extrêmement méthodique et didactique […] ; il apportait le plus grand soin à la rédaction de ses leçons, très appréciées des étudiants. » - Doe J. Jean Astruc (1684-1766) : a biographical and bibliographical study, Journ. Hist. Med., 1960, 15, p.184
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